Aujourd'hui, le 20/9/2017, nous fêtons : Saint-André Kim, Saints-Eustache
Chronique de lecture
Catherine Tekakwitha et les Jésuites
Allan Greer
Boréal
«Les voies du Seigneur sont insondables.»

Cette sentence s'applique très bien pour Cathe¬rine (Kateri) Tekakwitha.

Indienne née d'une mère Algonquine, élevée par des colons français de Trois-Rivières. Cette mère est mariée à un Agnier païen, et de cette union naîtra Catherine en 1656. En 1660, sa mère, son père et un frère sont emportés par une maladie appelée petite vérole. Catherine faillit mourir aussi ; elle restera marquée pour la vie avec un visage grêlé et fortement atteinte aux yeux. Elle est recueillie par son oncle qui est ennemi de la foi chrétienne.

Elle passe toute sa jeune vie dans la longue maison indienne. Leur village est attaqué par des Iroquois et elle est amenée vers un autre camp, où des missionnaires Jésuites les visitent. C'est grâce au Père Lamberville que Catherine reçoit enfin le baptême en 1676. Sa conversion lui valut une véritable persécution ; on menaça même de la tuer. Dans toutes ses épreuves, le père de Lamberville lui conseilla de prier sans relâche et d'aller vivre dans la mission Saint-François-Xavier. C'est à l'automne de 1677 qu'elle réussit à s'enfuir avec trois compagnes. À la mission, elle est accueillie par une amie de sa mère qui lui servit de guide spirituel; à Noël 1677, elle fait sa première communion. Les lignes de force de Kateri étaient son extraordinaire pureté d'âme et de corps et une charité efficace à l'égard de tous.

Durant ce temps, elle vit sa vie d'indienne avec les autres membres du clan, mais elle demeure très attachée à l'eucharistie. En 1679, on lui permet de prononcer ses vœux perpétuels de chasteté. De santé fragile, elle décède durant la semaine sainte de 1680, âgée seulement de 24 ans.

Les pères Chauchetière et Cholenec, jésuites, sont auprès d'elle et immédiatement après sa mort, un phénomène se produit : son visage meurtri par la petite vérole devient merveilleusement embelli. La suite nous dit que des faveurs obtenues par son intercession ont été signalées. Le cheminement vers la reconnaissance de la sainteté est ouvert.

Et voilà que les voies du Seigneur se font sentir; plus de cinquante biographies sont écrites afin de garder pour la postérité la mémoire de celle qu'on a surnommée «Lys des Agniers».

L'auteur est un spécialiste de l'histoire de l'Amérique du Nord et du début du Canada. Professeur chercheur, il nous présente Kateri Tekakwitha dans la vie de tous les jours des indiens de la colonie et la façon dont Catherine devait vivre dans la longue maison, tout en demeurant une chrétienne profondément croyante et rayonnante auprès de ceux qui l'approchaient.

Nous sommes habitués à lire des biographies de saints, parce qu'ils ont vécus dans un environnement plus propice à la foi, soutenus par des personnages reconnus par l'Église comme des maîtres à penser. Pour Catherine, elle a eu la chance d'être près des premiers missionnaires venus de France pour évangéliser les «sauvages».

Bonne lecture,

Roger Ménard, d.p.